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Ne pas lâcher le morceau, c'est de même.

Honnêtement, je ne sais pas par quoi commencer, ni même si je devrais publier cet article. Je n'ai pas envie d'être négative et d'ajouter du "deep talk" sur ton fil d'actualité, y'en a déjà en masse... 

 

J'vais parler d'un sujet triste quand même. J'en parlerai de façon pas-dramatique-pentoute c'est promis.

 

On me connait rayonnante et positive, et je n'ai surtout pas envie d'être prise en pitié de par ce que tu vas apprendre aujourd'hui. Je suis une personne fondamentalement résiliante. J'apprécie presque (oui presque, personne n'est parfait) toujours le moment présent en regardant vers l'avant, mais j'ai eu un moment de "ARK".

 

J'écris cet article pour deux raisons actuellement: raconter ma petite "expérience-ARK" dans un texte où je peux m'exprimer librement et répondre à la question qui m'est posée tous les jours: "Pourquoi tu ne donnes pas de cours de Yoga cette session-ci"?

 

 

Tout d'abord, je te rassure, je suis toujours aussi passionnée par le Yoga, et j'ai encore un remplacement à temps plein au CIUSSS du Saguenay Lac-St-Jean, en traumatologie à l'hôpital de Jonquière.

 

OUI!!! J'ai encore le feu et le besoin, de continuer de pratiquer le Yoga personnellement, ça va de soi, mais aussi, de vous le transmettre, au meilleur de mes capacités et connaissances, avec tout mon coeur. "Mets-en pas tant que ça!" tu vas me dire, euh, oui, tant que ça.

 

"J'ai la chance d'être en santé"; j'ai dis ça souvent! Toi aussi sûrement!?

 

"Je ferai ci et ça d'ici quelques années", moi tout bonnement concernant les choses, comme certains voyages, que je tiens à faire dans ma vie.

 

J'ai appris beaucoup dernièrement! J'ai probablement dû m'assagir de 20 ans dans les dernier mois.

 

"Demain c'est maintenant." Bon je ne t'apprends rien. "La santé ne tient qu'à un fil." Je ne t'apprends encore rien. "Il faut en prendre soin de sa santé" blablabla... maiss je te promet qu'on pense qu'on sait ça, jusqu'à temps que ça n'arrive pas juste aux autres.

 

Les 6 derniers mois ont été une montagne russe d'émotions. En plus du diagnostique que j'ai reçu, je vivais des moments difficiles à d'autres niveaux. Il y a eu bien des UP-and-DOWNs, des haut-le-coeurs, des joies, des pleures, des rires, et des M&Ms aux amandes (trop de M&Ms comme d'habitude). Je vis encore actuellement ce "bout rough", mais je vais mieux (et j'ai du temps pour écrire).

 

Le cancer est venu dans ma vie; il était de passage, et il est parti mardi (avant-hier). J'lui ai dis "BYE, SEE YA NOT! Tu peux PAS repasser, j'suis sorteuse !".

 

"C'était un mélanome" m'a dit le dermatologue, " Mme Boudreault vous avez un cancer de la peau."

 

Je me disais à moi-même: "Je l'ai pas invité ce cancer là!?", " Pourquoi moi?" ,"J'ai mis tellement de crème solaire, c'est impossible!", "Oh mon dieu je dois profiter de la vie maintenant!", " Ha pis fuck toute!", "Merde j'ai un cancer!", " Nenon ce n'est pas MON cancer, c'est UN cancer, pis j'vais m'en débarrasser!"... Tu vois le dialogue interne?

 

Je reviens à " J'l'ai pas invité ce cancer là!? ": FAUX, j'lai probablement invité sans le vouloir, ou peu importe, c'est la faute à personne, mais j'ai appris et grandi grâce à lui.


Un cancer ça se développe, ça ne s'attrape pas. Ce sont mes propres cellules qui se sont divisées avec des "erreurs" et qui continuaient de se multiplier avec ces erreurs de fabrication. J'ai donc moi-même créé ce cancer, en lui laissant un terrain propice d'une façon ou d'une autre; le stress, le soleil, la pollution, les produits chimiques dans les crèmes, les émotions négatives en général, ou autre facteur X ont permis à un cancer de prendre une place sur moi. 

 

Tu vois ça comme tu veux, mais moi je crois en ces messages de la vie qui te sont envoyés quand t'as une tête de mule et que tu comprends rien.

Depuis un peu plus de quatre ans, j'avais un point noir sur l'épaule gauche, semblable à un point de beauté. Il grossissait, j'en avais parlé à mon médecin dès le début et à un dermatologue, et ils m'ont tous deux dit que c'était anodin, de ne pas men faire.  Je n'ai pas lâché le "morceau", sans mauvais jeu de mot. Il m'inquiétait trop ce point de beauté. Il était noir et il devenait rouge autour si je le frottais.

 

Après 4 ans à le voir grossir et à me faire dire que ce n'était rien, j'ai pris un rendez-vous avec un dermatologue dans une clinique privé ($$) pour avoir un regard neuf sur ce point noir. Même ce nouveau dermatologue ne croyait pas que c'était inquiétant et ne voulait pas me l'enlever. J'ai insisté pour qu'il l'enlève. Il l'a fait en me disant que ça ne servait à rien, que ça semblait anodin. Il a même ajouté: " Mme Boudreault si c'est l'esthétique qui vous dérange, dites-vous qu'une cicatrice ce sera bien plus laid!" J'étais insultée. Je me foutais pas mal de l'esthétisme de ce mélanome (inconnu à ce moment).

 

Le point noir de près d'un cm de diamètre a été envoyé en biopsie. Le médecin spécialiste m'a téléphoné au bout de 3 mois pour me dire "C'est effectivement un mélanome, vous aviez raison de vous inquiéter. Nous allons vous suivre de près, je vous réfère à un spécialiste en cancer de la peau au Québec".

 

J'ai figé. J'ai eu froid. J'ai pas su quoi faire. J'ai eu les yeux ronds et creux pendant quelques semaines. Quand le mot CANCER est posé sur toi à 31 ans, ça te saisi le CANADIEN! C'est un truc de "OUF "comme diraient nos pots dans les "Zeuropes".

 

J'ai vu le dermatologue spécialiste des cancers de la peau pas très longtemps après. Puis, pour plusieurs raisons médicales et humaines, j'ai été stressée pendant deux autres mois après cette rencontre avant de savoir si ce mélanome mal (bien) situé avait eu le temps de toucher mes ganglions en dessous du bras gauche. Mon "morceau" avait été envoyé à un pathologiste spécialisé dans les mélanomes pour être évalué encore une fois. Ce pathologiste allait trancher. J'étais en attente de savoir si on m'opérait pour enlever les ganglions en dessous du bras en même temps que l'excision nécessaire au centre de mon deltoïde.

 

Je ne sais pas à quel point tu connais le Yoga et le corps humain, mais pour moi une excision au centre du deltoïde et le retrait de mes ganglions c'était un "méga deal" ! Deal dans le sens: OH MON DIEU NON! 

 

Ça pouvait changer ma pratique du yoga pour la vie, entre autres effets indésirables, et ça m'inquiétait beaucoup. J'ai respiré profondément et amené toute mon énergie sur le moment présent, j'ai eu des pensées positives, et crois-moi j'ai eu du travail à faire sur moi.

 

Bonne nouvelle! J'ai appris vendredi il y a deux semaines que mes ganglions n'avaient pas à être retirés. Mon opération pour l'excision a été fixée rapidement, et aujourd'hui elle est faite! Je suis en arrêt de travail jusqu'au 15 octobre à cause de cette opération. Je ne dois pas forcer, ni trop bouger mon bras. (Excision = J'ai maintenant un trou de 3 cm par 3 cm par 2 cm de creux dans l'épaule gauche, on m'a fait une reconstruction par lambeau pour "cacher" le trou... j'ai un pansement j'ai aucune idée de quoi ça a l'air; à suivre! )

 

 

 

C'est donc pourquoi je n'enseigne pas le Power-Yoga pour cet automne, et sachez que je serai de retour dès l'hiver! Je vais travailler fort pour regagner l'amplitude et la force musculaire perdue à l'épaule et au deltoïde pour ENJOYER autant qu'avant mon chien-tête-baissée (downward dog pour les Montréalais ;) ).

 

Une fille positive, résiliante, c'est ce que je suis et j'en suis fière! TIN!!

 

BRAVO LA VIE! Je suis guérie, suivi dans un an les cellules brisées! Bye là! 

 

Val.

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​© 2020 par Valérie Boudreault